Elle est composée de trois parties distinctes, deux courtes et une autre plus longue. Véritablement sa simplicité est son premier défaut, et sûrement pas son dernier.
Ma dernière nouvelle sera postée le 22 septembre et suivra un thème de l'anarchisme populaire : "La destruction".
Bonne lecture et à l'an prochain, ou à une autre date encore inconnue.
Pulsion
Un claquement. Puis un autre. Un troisième, un quatrième... J’entendais ce bruit incessant sans me rendre compte de mon songe. Je me sentais transporté, emporté par le flot de mes sentiments, comme si un tourbillon m’emportait, et me tournait sans arrêt autour de son œil. Le centre de ce séisme, le calme absolu, ma tête flambait et une envie de vomir me vint. Tous mes membres tremblaient instinctivement. Je souffrais, mais je ne désirais sortir de ce cauchemar : c’était un cyclone de fantasmes qui brûlait ma peau, qui grillait ma tête, qui détruisait mes jambes, qui décapitait ma tête. Alors, je m’assis.
Mon corps s’alliait avec le temps. Je ressentais un battement dans ma poitrine lorsque le regard s’en allait se poser sur le visage d’un inconnu. Je me déplaçais d’une manière piteuse tel un boiteux. J’avais la sensation de brûlure dans mes yeux, alors pour apaiser ma souffrance, je les clignais tout le temps. Je voyais de temps en temps des visages ébahis, qui me fixaient sévèrement, peut-être par pitié. Mes pas s’enchaînaient sans que je ne les dirige. Mon organisme travaillait sans que je n’en donne l’ordre. Même si mon cerveau se débattait, il ne pourrait que se débattre comme un enfant dans une pataugeoire. Ainsi je me laissais entraîner et submerger par mes mouvements.
Je me souvins m’être attelé à un bar, avoir commandé un verre de bière. Je n’étais pas seul, certaines gens me parlaient, mais ces pauvres mots n’arrivèrent pas à leur destination. Pour répondre à ces messages imperceptibles, je bredouillais quelques phrases d’une manière hésitante. Mon verre dans la main, dans l’autre une petite bouteille, je me laissais transporter par les phrases. Il me semblait entendre mon rire en écho, tout aussi impur que les chopes que je m’enfilais.
J’avais le souvenir d’un lieu chaleureux, une ambiance tournée vers la joie et le bonheur. Les couleurs chaudes des lampes éclairaient la pièce en se répercutant sur tous les murs. Il y avait quelques tableaux baignant dans l’aura brûlée, des images aux couleurs froides représentant des lieux de glaces. Les tables en bois, pourtant bancales, avaient pris de la valeur avec chaque personne qui s’y était attardé. Perché sur ma grande chaise, le bras appuyé sur le comptoir, deux chopes vides à côté de moi, une autre pleine dans une main, j’admirais les scènes qui se multipliaient face à moi. Je ne comprenais certes rien aux discussions, n’entendant que quelques bribes, mais je me sentais rassuré par cet endroit avenant. Je restais assis, ne faisant rien, scrutant la pièce. Le serveur me servit une énième fois une bière que je payai immédiatement.
Au bout d’une bonne heure, pendant laquelle je bus encore deux verres, je ne bougeai pas, parlant au serveur de temps en temps. J’avais remarqué son regard perçant lorsque j’ouvris quelques secondes mes yeux, qui paraissait en même temps ahuri et rude. Une jeune personne s’assit à côté de moi. Elle avait la fraîcheur de la jeunesse, celle qui réussissait et vivait la vie en enchaînant les victoires et en gravelant les échelons des plus grandes entreprises à une vitesse fulgurante. Il devait avoir la vingtaine.
Au bout de quelques minutes, j’appris son nom, son âge qui se révèle être le même que le mien et quelques morceaux de sa vie, aussi illuminée que je l’imaginais. Je me sentais plus vieux, plus miteux, plus raté. Mon histoire pauvre n’avait aucune valeur, surtout face à un personnage aussi splendide. Je n’avais jamais remarqué une personne d’une beauté aussi singulière. Ses cheveux châtains, un peu roussis en fonction de la lumière, lui caressait le crâne jusqu’à la nuque, avec une frange qui lui voilait une partie de son front. Elle prenait sa bière de sa main gauche et l’apportait doucement, avec délicatesse, jusqu’à ses lèvres d’un rouge assez terne. Lorsqu’elle ne buvait pas, elle me parlait, je lui répondais, et de temps en temps, je remarquais un petit sourire qui dévoilait des dents brillantes, bien qu’un peu jaunies par la boisson.
A un moment, je ne sais quelle heure, je me noyai dans ses yeux brillants de couleur noire et je m’y perdais. Je sentis quelques nausées, et je fermis les yeux, ne gardant en tête que ce regard jeune qui me fis tourner la tête.
Mes membres ne répondirent plus. J’étais conscient et prêt à me réveiller. Seule ma main bougeait comme si elle tentait d’agripper le bas de son pantalon, sans succès.
11 janvier – fait divers : Dans un bar un banal accident hier. Un homme s’endormit. Ce fut un excès d’alcool. La personne fut envoyée dans l’heure à l’hôpital. L’unique signe de vie était un mouvement incessant de la main gauche qui tentait de saisir un objet invisible. Mais ce signe s’arrêta. Le lendemain, l’enquête policière fut brève. L’homme était un drogueur qui avait succombé à l’envie de boire son propre poison. Il s’arrêta aujourd’hui dans la matinée, la main gauche ayant pris un objet inconnu encore.
Mon corps s’alliait avec le temps. Je ressentais un battement dans ma poitrine lorsque le regard s’en allait se poser sur le visage d’un inconnu. Je me déplaçais d’une manière piteuse tel un boiteux. J’avais la sensation de brûlure dans mes yeux, alors pour apaiser ma souffrance, je les clignais tout le temps. Je voyais de temps en temps des visages ébahis, qui me fixaient sévèrement, peut-être par pitié. Mes pas s’enchaînaient sans que je ne les dirige. Mon organisme travaillait sans que je n’en donne l’ordre. Même si mon cerveau se débattait, il ne pourrait que se débattre comme un enfant dans une pataugeoire. Ainsi je me laissais entraîner et submerger par mes mouvements.
Je me souvins m’être attelé à un bar, avoir commandé un verre de bière. Je n’étais pas seul, certaines gens me parlaient, mais ces pauvres mots n’arrivèrent pas à leur destination. Pour répondre à ces messages imperceptibles, je bredouillais quelques phrases d’une manière hésitante. Mon verre dans la main, dans l’autre une petite bouteille, je me laissais transporter par les phrases. Il me semblait entendre mon rire en écho, tout aussi impur que les chopes que je m’enfilais.
J’avais le souvenir d’un lieu chaleureux, une ambiance tournée vers la joie et le bonheur. Les couleurs chaudes des lampes éclairaient la pièce en se répercutant sur tous les murs. Il y avait quelques tableaux baignant dans l’aura brûlée, des images aux couleurs froides représentant des lieux de glaces. Les tables en bois, pourtant bancales, avaient pris de la valeur avec chaque personne qui s’y était attardé. Perché sur ma grande chaise, le bras appuyé sur le comptoir, deux chopes vides à côté de moi, une autre pleine dans une main, j’admirais les scènes qui se multipliaient face à moi. Je ne comprenais certes rien aux discussions, n’entendant que quelques bribes, mais je me sentais rassuré par cet endroit avenant. Je restais assis, ne faisant rien, scrutant la pièce. Le serveur me servit une énième fois une bière que je payai immédiatement.
Au bout d’une bonne heure, pendant laquelle je bus encore deux verres, je ne bougeai pas, parlant au serveur de temps en temps. J’avais remarqué son regard perçant lorsque j’ouvris quelques secondes mes yeux, qui paraissait en même temps ahuri et rude. Une jeune personne s’assit à côté de moi. Elle avait la fraîcheur de la jeunesse, celle qui réussissait et vivait la vie en enchaînant les victoires et en gravelant les échelons des plus grandes entreprises à une vitesse fulgurante. Il devait avoir la vingtaine.
Au bout de quelques minutes, j’appris son nom, son âge qui se révèle être le même que le mien et quelques morceaux de sa vie, aussi illuminée que je l’imaginais. Je me sentais plus vieux, plus miteux, plus raté. Mon histoire pauvre n’avait aucune valeur, surtout face à un personnage aussi splendide. Je n’avais jamais remarqué une personne d’une beauté aussi singulière. Ses cheveux châtains, un peu roussis en fonction de la lumière, lui caressait le crâne jusqu’à la nuque, avec une frange qui lui voilait une partie de son front. Elle prenait sa bière de sa main gauche et l’apportait doucement, avec délicatesse, jusqu’à ses lèvres d’un rouge assez terne. Lorsqu’elle ne buvait pas, elle me parlait, je lui répondais, et de temps en temps, je remarquais un petit sourire qui dévoilait des dents brillantes, bien qu’un peu jaunies par la boisson.
A un moment, je ne sais quelle heure, je me noyai dans ses yeux brillants de couleur noire et je m’y perdais. Je sentis quelques nausées, et je fermis les yeux, ne gardant en tête que ce regard jeune qui me fis tourner la tête.
Mes membres ne répondirent plus. J’étais conscient et prêt à me réveiller. Seule ma main bougeait comme si elle tentait d’agripper le bas de son pantalon, sans succès.
11 janvier – fait divers : Dans un bar un banal accident hier. Un homme s’endormit. Ce fut un excès d’alcool. La personne fut envoyée dans l’heure à l’hôpital. L’unique signe de vie était un mouvement incessant de la main gauche qui tentait de saisir un objet invisible. Mais ce signe s’arrêta. Le lendemain, l’enquête policière fut brève. L’homme était un drogueur qui avait succombé à l’envie de boire son propre poison. Il s’arrêta aujourd’hui dans la matinée, la main gauche ayant pris un objet inconnu encore.
1 commentaires:
J'en veux encore et encore. L'écriture est taillée sur mesure pour vibrer avec elle. Là, nous pouvons tout ressentir, tout vivre, tout croire, tout sentir, tout est palpable en ces mots. Je vais dormir car les cours demain me redonneront beaucoup de travail. Envoyez-moi d'autres de vos écrits à lebas-gaylord@live.fr. j'en serais ravi. Lebas Gaylord
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