Downfall
Je me réveillai de manière vive, comme si je sortis d’un cauchemar. Je crus même que je rêvasse d’un cauchemar. Je me souvins d’une pluie d’étoile et d’une flamme ardente. Cette lumière était sans doute la petite lampe qui éclairait mon bureau. Devant moi reposait un tas de documents. Une tasse de café se cachait derrière la lampe.
Je me penchai sur la première feuille qui se présentait à moi. Je lisais ce qui semblait être mon écriture, mais instantanément, je me questionnai sur son contenu. Je ne comprenais pas à quoi le texte faisait référence. Je ne me rappelai même pas avoir rédigé cet écrit. Peut-être était-ce des souvenirs que ma mémoire tentât de faire disparaître ? Ainsi quelle était donc cette rancœur ?
Encore las de mon travail acharné je m’étais dirigé vers ma chambre pour aller me coucher.
Je me retrouvai debout dans le salon, accoudé à mon bureau. Je me rendis alors compte de mon somnambulisme. Cette grande surprise m’effraya. Instinctivement, je défigurai la pièce de mes yeux sombres et furtifs, pour trouver quelconque détail de ce que j’avais pu faire. Sans remarquer le moindre détail gênant, je me rappelai le petit texte écrit dans la nuit. Je m’empressai de retrouver la feuille, mais ce fut impossible. Elle n’était nulle part, ni sur le bureau, ni dans une poubelle, ni même dans la salle de bain.
Je ressentis alors une étrange émotion, un alliage d’angoisse et de quiétude. J’avais l’impression d’être compressé et déchiré en même temps, ou plutôt c’était comme si deux mains me maîtrisaient, l’une déchirant mon corps, l’autre serrant au plus fort mon cœur. Mes pieds ne supportaient plus la puissance de mon poids et semblaient pouvoir se briser au moindre mouvement. D’étranges spasmes bondissaient en moi. J’essayais de me calmer, en vain. Je compris alors que j’étais pris d’une folie terrifiante, que j’étais obsédé par ce bout de papier qui contenait ce secret même inconnu de moi.
Je réussis en peinant à atteindre le sofa de mon salon ; j’étais fatigué de ma démence. Je me battais contre moi-même pour comprendre ce qui m’arrivait. Quelle substance m’aspirait à brûler de délire ? Laissant mes dernières forces s’épuiser toutes seules, je m’abandonnai au sommeil dans l’espoir que le réveil serait moins terrifiant.
Trois rayons de soleil me sortirent de mon rêve. Il me fallut quelques temps pour m’habituer aux couleurs brûlantes de l’ardent astre d’hiver. Mais finalement je me rendis compte, en regardant l’heure, que le mois d’août est loin de la saison glaciale. Je sursautai. Que m’arrivait-il ? Devins-je si fou pour croire avoir écrit un texte invisible et pour penser que le mois d’août est en plein hiver ? J’avais perdu tous mes moyens et toutes mes marques. Mon esprit était enroué. Peut-être que les engrenages de mon cerveau ne tournaient plus si bien ? Je m’approchai de la fenêtre. Les fines lumières blanches qui passaient au travers de mon rideau m’illuminaient. D’une main hésitante, je pris le tissu et l’arracha au mur.
Je reconnus alors la ville, brûlant sous les feux de la lune. Ce magnifique spectacle me rappela les belles aurores boréales que j’observais dans les livres. Toutefois, ce jeu était encore plus splendide, peut-être grâce à sa vitalité. La danse lunaire reflétait les sombres desseins de la Terre. Je ne remarquai aucun lieu où les ténèbres survivaient. Mais je compris bien vite que la perversion se cachait derrière mon dos.
Je me précipitai vers la porte et tenta de l’ouvrir. Elle était fermée. Je savais qu’il était inutile de chercher à retrouver mes clés car comme la petite feuille, je ne les trouverais jamais. J’étais pris au piège dans cet ouragan d’obscurités, qui ne voulait que m’aspirer dans ses viles pensées. Mais coûte que coûte j’étais décidé à combattre ce démon d’angoisse, ce monstre noir.
Je pris la première arme que je trouvai dans ma cuisine. C’était un petit canif d’or qui appartenait peut-être à mon père. Je tiraillai du regard le couloir. Il n’était pas là. L’être cruel dormait tranquillement, debout à la fenêtre du salon. Il avait forme humaine mais on remarquait rapidement les détails de son inhumanité. Des ailes, un arc au dessus de la tête, un collier de joyaux... ce ne pouvait être que maléfique.
Hésitant, j’avançai doucement vers la silhouette de l’ingrate personne. Ma petite défense brandie, je semblais être un assassin. Et lorsque j’arrivais devant elle, je la pris de mes mains ardentes et je la poignardai de tout part, lui arrachant toute peau malsaine. Lorsque tous ses membres furent détachés par ma hantise, je remarquai qu’il ne restait comme trace de ce démon qu’une feuille de papier et des clés. Sachant ce que c’était, et croyant que l’ennemi les avait subtilisées pour m’éliminer, je m’empressai de les attraper et je fuis cet horrible endroit en ouvrant la porte de sortie. Dans les escaliers je me mis à lire les petits mots que j’avais écrits.
Quelques petits instants joyeux passés avec toi ont toujours été pour moi le seul soin qui animait ma vie. De même, tes deux joyaux émeraude ont enflammé de mon cœur.
J’arrêtai mon évasion. J’étais face aux chimères véritables de la vie et dos aux rêves irréels. Je m’asseyais pour réfléchir. Je regrettai. Il y avait derrière moi, à l’arrière de ma vie, une âme qui me traquait. Sa persévérance m’avait rendu fou, mais j’étais assez lucide pour comprendre qu’elle voulût juste m’aider à poursuivre mon destin. Toutefois, j’avais compris trop tard. J’avais abandonné de mon plein gré quelque chose qui m’était cher. Je déplorai cette perte. Tout en poursuivant mon futur, je ne faisais que me retourner pour voir cette pauvre fille assise au bord de la route, patientant toujours dans l’espoir de ma venue et j’avais l’intention de repartir, la chercher et l’emmener avec moi.
Je ne pouvais plus dessiner une vie aussi froide. Alors, serrant dans mon poing mon petit espoir, je m’en allai, revoir une personne perdue dans cette tornade de souvenir. Car je ne peux pas imaginer une vie sans amour, je songe à l’éternité, et je ne demande qu’une chose : que le réveil ne sonne jamais.
1 commentaires:
Le style est beaucoup, beaucoup trop lourd, tellement que ça en devient illisible. Les archaïsmes et les mots savants, bien placés et bien dosés, j'en suis fervent adorateur, mais là, c'est vraiment nul à chier ton truc.
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